
Myspace du groupe: http://www.myspace.com/kickback
Chronique de « No Surrender« (2009):

01. No Surrender
02. Deathlust
03. Still on the Prowl
04. Aging Disgracefully
05. Woods are Wet:Woman Hell
06. The Law of the Self
07. If I Die Tonight
08. Sideshow
09. Unholy Triumph
10. The Audience is the Target
11. Warpath
Plus de quinze ans depuis leur premier véritable album “Cornered” et le moins qu’on puisse dire c’est que le Hardcore de Kickback refoule encore la poudre et le fiel. C’est peut-être ça, finalement, l’acharnement “à la française” qu’on reproche si souvent aux habitants de l’Hexagone (mais qu’on nous envie en secret, j’en mets ma conscience républicaine à couper…). No Surrender, sorti sur GSR il y a quelques mois désormais nous rappelle bien mieux que certains de nos dirigeants politiques contemporains ce que signifie le mot “intégrité”.
D’autant que toute intégrité mise à part, Kickback, en sortant une suite (attendue depuis neuf ans, tout de même…) aux 150 Passions Meurtrières, a fondamentalement durci son propos, passant d’un HxC agressif (ou du moins “agressif” en comparaison du reste de la production française) à cette musique de désaxé social qui nous agresse les tympans ici. Intégrité et pas intégrisme, donc, car les Parigots vénères ont gardé de leur passé cette colère de rue mais ce qui se présageait de profondément malsain dans leurs lyrics et leur artwork nous est ici indubitablement imposé dans leur musique même. D’où la rupture avec le metalcore finalement pas encore si pernicieux de la déjà gloire française du genre. Stephen Bessac et ses potes ont donc cherché partout pendant quinze ans dans le Grand Méchant Metal ce qu’il y avait de plus sale et obscène pour finalement s’apercevoir que la réponse se tenait simplement chez leurs voisins d’Arkhon Infaustus.
Car si c’est au chant décérébrant et à la gouaille liturgique du braillard cité plus haut que Kickback tient 90% de sa renommée, le souffle neuf qui vient ici balayer les frontières entre la violence du hardcore et l’insanité du black metal s’appelle Toxic H., le fameux tisseur de toiles inextirpables du meilleur combo de metal extrême français. Ici crédité Damien, le fameux guitariste réussit à nous plonger dans des limbes diaboliques et étouffantes de perversité. Constat saignant et sans appel, c’est bien de cela qu’avait besoin Kickback. A force de faire les malins sur scène (rappelle-toi du Hellfest 2007, lecteur averti!), ils risquaient fort de perdre toute crédibilité si cet album n’avait pas été ce qu’il est. Et à un tel niveau de compétence, je ne vois que Dora l’exploratirce pour nous l’expliquer: “C’est gagné!”. De la très bonne première chanson éponyme pour ouvrir la boucherie avec un sens de la syncope rythmique excellent à “Warpath”, meilleure chanson de hardcore qu’aurait pu composer un guitariste de black metal, tout s’écoute et se réécoute jusqu’à ce qu’on vous retrouve mort dans votre salon à force d’avoir moshé avec tant de haine. Eloignez le landau du bébé, d’ailleurs, c’est pas parce que je cite des dessins animés destinés aux futurs enfants bilingues des parents bobos que Kickback compose pour toute la famille. Loin de là. Vous laisseriez un gamin devant un film de Gaspard Noé, vous? Moi non plus. De même que sous les leads vicieux de Toxic sur “Still On The Prowl”, comme on dit à la télé, éloignez les enfants.
Mais finalement, sous le tapis d’artillerie bombardé par la bande du 91, à force de ramper pour échapper aux tirs de canon de 88 mm à chercher l’air, le vrai, celui qu’on respire à plein poumons, on finit par trouver une race innée à tant de brutalité, une brutalité méthodique et inédite puisqu’encore jamais vraiment explorée dans ce milieu (je m’éventre à vous le dire). Tant sur les vocaux chantés (oui oui, chantés!) de la fin de “Sideshow” que dans le mosh-part haineux de “Deathlust” ou l’intro malsaine d’“Aging Disgracefully”, la patte Kickback se fait beaucoup plus psychopathe qu’auparavant, là où elle cherchait directement à chopper la carotide précédemment. La torture est ici plus mentale que physique, et ça c’est un scoop pour un groupe de hardcore.
Finalement, je ne vais pas vous la faire plus longue, René Wagner de Nargaroth a éructé un jour que le black metal c’était la guerre, il ne savait pas à quel point il pouvait y avoir de pire que la guerre: il y a Kickback et son dernier album, que je clame haut et fort comme le meilleur skeud de hardcore français, brutal, innovant, charcutier, bref, royal. Et Jean Sarkozy sait à quel point ça fait partie de la culture française, la royauté.
NOTE: 9,5/10
Chroniqueur: Locust Star
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