ZONE X’PRESS METAL MAG

15 octobre, 2009

LYON BLACK METAL INFERNO FEST - CCO @ Lyon

Enregistré dans : 6. LIVE-REPORTS — zonexpressmetalmag @ 6:59

Live-Report réalisé par “Locust Star“:

Samedi 12 Septembre 2009

Lyon Black Metal Inferno Fest. Ca en jette, pas vrai? Aux antipodes d'un fameux festival “alternatif” se déroulant à quelques centaines de kilomètres du lieu, le BM Inferno Fest n'a décidément rien à voir avec la Fête de l'Huma: Anti-Human, Anti-Life, j'vous fais pas le topo, quoi… En attendant si c'est ce festival que Zone X'Press a décidé de chroniquer et pas celui d'une opposition qui n'en finit plus de se chercher c'est qu'il accueillait comme tête d'affiche, outre sept formations plus ou moins indispensables, le mystérieux et très controversé Nargaroth, valeur autrement plus sûre que la gauche en France à l'heure actuelle…

Arrivé sur les lieux en retard, je m'aperçois rapidement que j'ai raté la performance des Grenoblois  d'Aldaaron, formation que j'avais déjà vue deux ans plus tôt pour soutenir Mayhem. Soyons honnêtes, le souvenir que je garde de ce concert n'est pas impérissable et je me remets très vite de les avoir loupés. Ceci dit mon arrivée coïncide aussi avec la fin du set d'Evohe, gloire savoyarde du Metal Noir. Si les riffs de la formation sont plus techniques que ceux de la plupart des autres formations de BM plus classiques, c'est pour tisser une ambiance particulière et très personnelle qui fait d'Evohe un groupe unique. Le poste de chanteur est tour à tour partagé entre le bassiste et ses deux guitaristes et la magie du spectacle en fait un groupe de Black Metal cru et malsain que je vois quitter la scène avec regret… Un changement de plateau rapide annonce les franciliens de Maleficentia qui exécutent quant à eux un Black Metal bien moins oppressant que leurs prédécesseurs. Armés d'un clavier et de quelques soli de guitare, Maleficentia délivre sa version plus mélodique du Mal devant tout le monde avec plus ou moins de réussite: parfois hésitants et visiblement peu à l'aise avec l'exercice live, Daevhorn et sa petite entreprise ne nous ont pas fait rêver mais le combo de Sartrouville s'est néanmoins bien défendu… même si l'affrontement était perdu d'avance contre Otargos qui monte sur scène juste après eux avec la ferme intention de mériter sa renommée. C'est une véritable déferlante sonique que le groupe assène à un public visiblement plus alléché. La fosse se fait alors un lieu de moins en moins fréquentable pour moi… Leur Black Metal d'excité que l'on compare à tort à celui de Dark Funeral n'a rien à envier à son prétendu modèle: aux poncifs désuets style “Hail Satan!” les Bordelais préféreront nous entretenir de l'immensité cosmique et du grand vide de notre misérable condition… On en pense ce qu'on en veut mais si je fais cette petite parenthèse parolière c'est parce que c'est assez rare dans une scène comme celle du BM pour se permettre de ne pas le noter. Le son d'Otargos, même s'il a la violence méthodique d'un Marduk ou d'un Dark Funeral, effectivement, met sa personnalité davantage en avant grâce à des mid-tempo parfois inattendus sous ce tonnerre de violence exécutée avec une maîtrise de l'espace scénique quasiment professionnelle. Bon, inutile de vous la jouer plus long, je suis scotché.

Après cette petite claque inopinée je m'aperçois que la soirée, sous des dehors très convenus à première vue, a finalement réussi à rassembler des sous-genres de Black Metal assez disparates… La suite confirme mes impressions car c'est le Black/thrash de Nefarium qui enchaîne la suite des hostilités. Corpsepaints travaillés, toges rouges et panneaux blasphématoires de chaque côté de la scène… Nefarium se fait l'orateur d'un satanisme ostentatoire. Que le public soit de bonne ou de mauvaise foi eu l'égard du seul groupe non Franco-Français de la soirée, il faut bien avouer que la formation ne déchaîne pas autant les passions que sur cd. La prestation des Italiens se fait donc proprement, sans embûche, on les sent même maîtres de leur art mais la sauce ne prend pas… Satan aurait-il fait son temps? Tant pis, lamentons-nous sur son pauvre sort avec le set de Nocturnal Depression, les Grenoblois au Black Metal si plat qu'on le qualifie de “suicidaire”. Oui, en effet, c'est suicidaire jouer une telle musique, d'emprunter les mélodies d'Alcest sans les digérer pour servir une resucée qui se veut planante aux accords suintant la resucée pseudo-misanthropique. Franchement pas indispensable, vous l'aurez compris, même si quelques chansons revêtent des atours plus crédibles grâce au chanteur. Il faut bien avouer que ce dernier pousse des râles très à propos, même s'ils sont somme toute très convenus.

Non, si Nocturnal Depression n'a réussi à plonger personne dans l'hébétude contemplative que sa musique tend à suggérer c'est peut-être aussi car l'assistance entière n'a qu'un nom à la bouche : Nargaroth. C'est enfin le moment tant attendu pour le public de ce soir et alors que les musiciens de René “Kanwulf” Wagner font leur balance imperturbablement, le public se presse en masse devant la scène.

La communion démarre et fait déjà polémique. Tirée d'un album du-dit groupe, la piste introduisant la performance consiste en une longue plage de chants berbères féminins hués par la foule décidément décomplexée. Hum. Au passage, chapeau les mecs, vous nous donnez une bien belle image au vu du reste du monde. Continuez comme ça. Kanwulf monte alors sur scène et dès la fin de la piste, lance le fameux “Black Metal Ist Krieg” à un parterre de métalleux qui n'attendaient que ça. Et là, il ne pouvait pas plus être dans le vrai. La fosse, alors qu'elle s'était faite “infréquentable” (oui, je me cite moi-même), se fait zone sinistrée. La version quelque peu épurée de cette chanson phare du groupe déchaîne les passions les plus violentes et l'audience peine à se rendre compte que Nargaroth joue avec deux guitaristes mais sans bassiste. Le mix étant assez porté sur les fréquences basses, la particularité ne se fait que peu ressentir et le son est très appréciable. Les titres se déroulent alors de manière inéluctable, avec ce son très necro qu'affectionnenent la plupart des fans et le set se déroule sans accroc, avec une surprise ou deux à la clé, notamment la reprise de “War” de Varg Vikernes. Inattendu, mais logique. Loin de faire office de groupe de cave misanthrope, Nargaroth s'avère en fait posséder un sens du live professionnel. Kanwulf, sublime, représente le lieu commun parfait: grim, poseur, haineux et fier. Le Black Metal, ce soir, c'est lui et lui seul. Et même si la prestation n'est finalement pas beaucoup plus longue que celle des autres groupes, on le reverra avec plaisir, René.

 




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