GREYMACHINE (Metal Indus-Noise) – ROYAUME UNI

Myspace du groupe: http://www.myspace.com/officialgreymachine
Chronique de « Disconnected« (2009):

1. Wolf At The Door
2. Vultures Descend
3. When Attention Just Isn’t Enough
4. Wasted
5. We Are All Fucking Liars
6. Just Breathing
7. Sweatshop
8. Easy Pickings
9. Sovereign
Indus-Noise la tête dans un sac plastique serré très fort autour du cou.
Il ne sert plus à rien de présenter Justin Broadrick, fin artificier de la scène bruitiste actuelle, sur tous les fronts auditifs avec ses Jesu, Greymachine, J² et une imminente reformation de Godlfesh. Il sert cependant de présenter ses anciens projets, avec les très bons Techno Animal, ou encore __ et __. Si Broadrick est sur tous les fronts au plus grand bonheur du fan lambda, les errences se font tout de même ressentir ces temps avec un Jesu en perte de vitesse précurseur en son temps mais poussif depuis. Avec Greymachine, c’est le retour à la saturation et au larsen, à l’indus oppressante et bruitiste telle que le Maitre l’a inventée il y’a maintenant près de 20 ans.
Ici associé à __ et __ et à Aaron Turner, autre figure connue de la scène alternative (Isis, Old Man Gloom à écouter absolument et Jodis à découvrir au plus vite), Broadrick prévient cependant l’auditeur « ce cd n’est pas facile à écouter » et pour preuve. Cette musique est sale, répétitive et déprimant serait beaucoup trop léger pour donner le ton de l’œuvre. Si Godflesh ne respirait pas la joie de vivre et offrait une nouvelle manière d’appréhender la vie urbaine, Greymachine va encore plus loin. La basse bourdonne avec un son dégueulasse à souhait alors que des nappes de guitares toutes aussi dissonantes viennent s’ajouter à cette belle vilainerie. On est déjà pris à la gorge par les instrumentaux que les voix débarquent, encore plus rampantes que le reste. Rien de compréhensible, seulement des cris étranglés et gutturaux gonflés au delay/chorus mêlés de manière indistincte au bruit ambiant. On distingue à peine Turner de Broadrick mais on s’en fout, on est pas là pour eux mais pour « ca ».
C’est sale, c’est suintant, on pense à tout sauf à quelque chose de gai, encore moins en couleurs. Les chansons s’enchainent lentement, très lentement, ne desserant l’étau à aucun moment pour glisser vers quelque chose de plus heureux. « Wolf at the door » ouvre de manière jubilatoire cette ode à la noirceur de vivre, avant d’être reprise par « Vultures Descend ». Aucune pause, aucun moment de répit où l’on voit la lumière avec l’enchainement « Wasted/We’re all fucking Liars/Just Breathing », dont les titres se font le meilleur reflet du contenu des chansons: oppressant. Cet album s’écoute de bout en bout, sans la petite pause de deux secondes entre les chansons imposée par votre ipod. Un véritable album du genre, qu’on écoute pas pour le single bien placé au milieu du Cd, à boire d’une traite quand ca va mal/trop bien.
Au bout de 71 minutes on ressort la tête en se demandant ce qui s’est passé et avec l’horrible sentiment d’avoir côtoyé le malsain plus d’une heure durant mais d’ avoir l’envie de le retoucher du doigt immédiatement. Les nombreuses métaphores qu’on trouve dans les chroniques restent trop lègères, il ne s’agit pas d’une claque. Juste de quelque chose de bien pire.
NOTE: 10/10
Chroniqueur: Arnaud








