MySpace du groupe: http://www.myspace.com/speedblow
Chronique de « Fields of doom« (2010):

01. Visions Of Demise
02. Silence Is Breaking
03. Black Sky
04. Last Of The Fools
05. Lower Ahead
06. As Night Becomes Day
07. Evil Spirits (Of The Mind)
08. Blood Of The Innocent
09. (Food) For The Wolves
10. Along The Mindfields
11. Doors To Redemption
Aujourd’hui c’est Speedblow ! Je vous vois venir et je vais me confondre en excuses auprès des nombreuses paires d’yeux déçues dont je ressens la chaude supplication d’ici, ce n’est pas une invitation. Non je vous parle bel et bien de ces quatre compères, formés depuis mars 2009, bien loin de la situation économique de part chez eux, puisqu’ils sont tous originaires de près ou de loin de cette cité d’Athènes.
J’ai pas mal été habitué au métal épique où se côtoient chevaliers de l’apocalypse, orcs et autre dragons, mais voir cet univers associé à un style s’éloignant à grandes enjambés du symphonique m’a tout d’abord intrigué. On est en effet, quelque peu perdu à la vue de cet album qui, de part sa forme graphique, nous mène vers un monde fantaisiste à deux deux de doigts d’une charge de cavalerie digne des plus grands guerriers du Rohan, et qui pourtant dans ses textes ne porte aucune trace d’un quelconque monde n’étant pas le notre. Bien au contraire, dans ces paroles nous pouvons observer la plupart des névroses de notre temps, allant de la dépression profonde sombrant dans l’alcoolisme, à l’obéissance aveugle qui annihile toute réflexion. Speedblow nous livre les déboires d’un fou parmi les fous qui semble autant perturbé que les personnes (ou peut être le monde) qu’il semble juger, tout en cherchant un moyen de libérer son esprit et son âme.
Mais pourquoi ? Me direz vous, pourquoi vous assommer avec cette analyse des textes avant même de savoir ce que vous allez vous mettre au creux de l’oreille ? Justement parce que Speedblow se savoure les yeux fermés. On se laisse porter et avant même de s’en apercevoir ce narrateur (la voix de Nick K aux accents mi prog mi doom, parfois malheureusement trop en retrait) nous a déjà pris fermement la main et nous embarque dans son monde.
Chacun pourra y voir ce qu’il désire, mais l’intro de « Fields of doom » m’a laissé un arrière goût de casse automobile perdue au fin fond de l’Arkansas. Cette impression de lourdeur dans les riffs, comme si un soleil de plomb nous talonnait, alliée à des routes mal entretenues qui font que le voyage s’agrémente de violentes secousses et d’effets bancals très déstabilisants mais au combien savoureux. « Black sky » s’annonce comme un de ces morceaux qui s’emballe de suite comme une chevauchée dans un désert mais qui nous surprends avec des élans de métal progressif, et cela sans compter sur les chants, contre-chants de guitare qui sonnent comme les frères d’armes d’un hypothétique héros. De la patate bien dosée qui nous perd quasiment dans un univers à la Moorcock.
Cet album attaque réellement fort dès les premiers instant mais chaque médaille à son revers, la pression retombe durant quelques morceaux un brin plus fades, un creux de vague qui semble très difficile à esquiver lorsque l’on propose comme Speedblow une entrée d’abum qui n’a de comparable que leur sortie. « (food) for the wolves » sonne comme un gros générique de fin, incisif, aux effets de gratte légers et précis et qui nous happent sans prévenir au sein d’un morceau qui annonce une fin imminente, qui sent bon un crash final, explosif et haut en couleur. C’est pourquoi la surprise est totale (bien que je vous la gâche, j’en suis confus) lorsque « doors to redemption » s’avère être une instrumentale nous renvoyant, tels des charognards, sur un champs de bataille encore chaud après d’intenses combats livrés pour des raisons qui sans doute nous dépassent. Et au loin là bas, chevauchent quatre guerriers grecs, trainant avec eux de lourds amplis dont les basses nous atteignent encore suffisamment pour nous faire douter du monde dans lequel nous venons de sombrer. C’est alors que s’éteint leur accord final, mettant les derniers points de suspension à une œuvre aussi hybride qu’intéressante. On y ressent ce que l’on veut y ressentir, Speedblow propose sans imposer, car dans tous les cas nous nous laissons entrainer par ces mélodies, déroutantes, lancinantes, immersives.
NOTE: 7/10
Chroniqueur: DARI