TRAUMATISME
Si dans le petit récit que j’ai écrit pour la chronique de son album « Horrorwood rocks!2″ Traumatisme parle peu il prouve avec cette interview qu’il peut parler beaucoup et bien! Place à ce personnage farfelu qui fait tout pour vivre son rêve…

- Salut Traumatisme! Tu n’es pas un inconnu sur le webzine mais pour t’introduire auprès des lecteurs qui ne te connaîtraient pas encore, présente-nous ton projet en quelques mots!
Hell-o! Ici Traumatisme, alias le « Blondie Zombie Rocker ». Ma devise est la suivante: « Don’t Dream Your Life, Live Your Dreams ». J’avais toujours rêvé de donner le jour à ma propre « Bête », quelque chose qui ne soit rien qu’à moi, et que je pourrais contrôler à ma guise en tirant toutes les ficelles… et c’est ce que j’ai fait. Je me suis lancé à corps perdu dans la bataille en 2004, en enregistrant des tas de démos avec les moyens du bord – c’est à dire avec presque rien du tout – et en faisant connaître ma musique sur Internet. Après avoir trimé comme un damné pendant des années, les choses ont vraiment commencé à bouger en 2008, grâce à ma rencontre avec Divine du groupe Undercover Slut, qui m’a proposé son aide. Suite à ça, j’ai enregistré mon premier album l’année dernière, et le deuxième vient tout juste de sortir. Musicalement, et même si je n’aime pas trop coller des étiquettes à ma musique, j’aime appeler ça du « monster rock’n'roll ». Je m’efforce d’écrire des bonnes chansons, qui te restent facilement en tête. Quant à mes textes, c’est de la pure fantaisie, en dehors de la réalité. Le tout mélangé à des sujets qui me tiennent à cœur, tels que la liberté, la fierté d’être différent des autres et d’être considéré comme un monstre par les gens soit-disant « normaux », le tout avec beaucoup de dérision, de double-sens et de grand-guignol. J’ajoute à tout ça une imagerie cartoonesque et bariolée, inspirée par le rock’n'roll, les monstres (au sens large du terme) et les vieux comics horrifiques et films d’épouvante. Je fais tout pour rester hors du temps et hors des modes, je ne fais attention à rien ni personne, et je fais exactement ce que j’ai envie de faire, sans aucun compromis.
- Ton nouvel album Horrorwood Rocks! 2 vient juste de sortir. Décris-nous les différentes étapes de sa conception. As-tu abordé l’élaboration de cet album différemment de son prédécesseur?

Complètement. Le premier album était uniquement composé de vieilles chansons écrites entre 2004 et 2007, des chansons que je voulais absolument sur mon premier album, et cela me semblait indispensable pour établir une bonne base. Je voulais faire un album basique, fun, léger, facile à identifier, et qui me permettrait d’établir les bases de ma musique et de mon univers, afin de pouvoir évoluer à ma guise par la suite. Et pour le second, je voulais faire quelque chose de vraiment ambitieux. Je travaillais déjà sur cet album avant même d’enregistrer le premier, où je n’avais pas beaucoup de travail à fournir, étant donné que toutes les chansons étaient déjà écrites. Pour le nouveau, je voulais donner naissance à l’album « ultime » de Traumatisme, un album qui soit à mon image, et qui soit la parfaite définition de ce que je fais. Je voulais montrer de quoi j’étais vraiment capable, que ce soit musicalement, lyriquement ou visuellement. L’enregistrement de l’album a eu lieu en mars dernier avec Divine, et a duré une semaine complète. Ça peut paraître bien peu, mais j’avais tout préparé dans les moindres détails avant, pendant environ huit mois. J’ai bossé près d’un an sur ce nouvel album, jour et nuit, à en perdre la raison – et suite à cette période je suis même devenu un peu cinglé d’ailleurs. J’ai saigné pour que cet album voie le jour. J’y ai donné tout ce que j’avais, je m’y suis jeté à corps perdu. Le reste n’avait plus aucune importance, je me suis reclus du monde extérieur, je n’avais plus aucune envie ni aucun but à part donner vie à cet album, et aujourd’hui, il est là, et c’est la chose dont je suis le plus fier au monde. C’est un album solide, ambitieux, cohérent – du moins pour moi, sincère, et très personnel, et la parfaite synthèse de tout ce que je veux que Traumatisme soit. A mes yeux, cet album est un aboutissement.
- J’ai l’impression que tu bénéficies déjà d’une promotion virtuelle et radiophonique intéressante, est-ce toi qui démarche les différents médias de diffusion ou bien ce sont eux qui te contactent?
Les deux à la fois! J’ai essayé de faire en sorte de créer un petit « buzz » sur le net pour le nouvel album, et ça a visiblement plutôt bien fonctionné! Comme je le disais, j’ai tout donné dans cet album, et je voulais faire les choses à la hauteur. Je me démène comme un dingue pour que toutes ces petites choses arrivent, que ce soit pour des interviews, des chroniques d’albums ou autre chose, et même si ce n’est pas exceptionnel en soi, chaque petit coup de pouce de ce genre est une victoire personnelle.
- Tes albums sont disponibles à la vente uniquement sur ton site internet et tu refuses qu’ils soient distribués par quelqu’un d’autre. Peux-tu nous expliquer ce choix?
Pour plusieurs raisons. Premièrement, je suis loin d’avoir des millions de fans. Distribuer mes albums moi-même ne me pose aucun problème au niveau de l’organisation, du temps ou de quoi que ce soit d’autre. Et puis, le fait d’envoyer mes albums moi-même est tout de suite plus personnel que de le trouver en magasin, en tant que simple produit de consommation parmi tant d’autres. C’est moins évident pour me faire connaître, certes, mais ça ajoute un coté « artisanal » supplémentaire à ce que je fais. J’envoie toujours des petits cadeaux à ceux qui achètent mes albums, comme des stickers, des badges ou des trucs comme ça. C’est pas grand chose, mais ce sont des petits détails qui font toujours plaisir. Je ne me fous pas de la gueule de ceux qui prennent le temps de découvrir mon travail, et je pense que c’est la moindre des choses pour les remercier. Ensuite, pour en revenir à ta question… Disons simplement que je ne fais confiance à personne. Pourquoi payer des types pour qu’ils fassent quelque chose que tu peux faire toi-même en mieux? J’ai déjà vu d’autres groupes indépendants s’embourber dans des plans pas possibles qui finissent toujours par un bordel monstre, et c’est l’une des raisons qui m’ont conforté dans mon idée de tout faire moi-même. En tout cas, en me débrouillant seul, si quelque chose foire, je ne pourrai m’en prendre qu’à moi même. En plus de ça, il faut savoir que plus grand monde ne prend la peine d’acheter des albums de nos jours. De moins en moins d’albums sont distribués, de plus en plus de maisons de disques ferment, et presque tout le monde télécharge, légalement ou non. Distribuer un album devient quelque chose de plus en plus suicidaire. Et très honnêtement, je n’avais pas envie de me lancer maintenant, et de signer par exemple un contrat de distribution. Ma musique est tout ce que j’ai dans la vie, et je ne laisserai personne m’imposer quoi que ce soit, et si jamais mes albums viennent à être distribués, ou si jamais un jour j’en viens à signer un contrat avec un label, il faudra que ce soit fait d’une manière qui me convienne. Je ne ferai jamais de compromis ou quoi que ce soit qui irait à l’encontre de mes principes, et je continuerai de fonctionner de cette manière jusqu’à ce qu’une opportunité décente s’offre à moi. Et si cela n’arrive jamais, et bien tant pis, au moins j’aurai fait les choses à ma façon jusqu’au bout, de manière authentique.
- Quels sont tes projets maintenant que ton second album est sorti? La recherche de musiciens pour t’accompagner sur scène va-t-elle être ta prochaine priorité?
Tout à fait! Faire des concerts et donner vie à « Traumatisme » sur scène est l’un de mes plus grands rêves. Je ne veux pas me précipiter et prendre le risque de tout bâcler, car mes ambitions dépassent le fait de faire de simples concerts. Je veux mettre en place un putain de show, et je ne m’autoriserai pas à faire quelque chose qui n’arrive pas à la cheville de ce que j’ai en tête, l’enjeu est bien trop important pour moi. Ça fait de longues années que j’y travaille, mais je ne regrette pas d’avoir attendu tout ce temps, car je réfléchis constamment à de nouvelles idées. Mais comme tu viens de le sous-entendre, mon principal problème est de trouver les musiciens qu’il me faut. Car je ne recherche pas seulement des musiciens, il faut que je puisse m’entendre avec eux, qu’ils comprennent ma vision, et qu’ils prennent tout l’univers qu’il y autour de la musique au sérieux. J’avais laissé la recherche de musiciens de coté pour m’impliquer à fond dans la création de mon nouvel album, mais maintenant qu’il est sorti, je compte m’y remettre très vite, de manière plus sérieuse et déterminée que jamais. Une annonce officielle sera d’ailleurs bientôt mise en ligne sur mes sites internet. Alors si vous avez au moins 21 ans, si vous savez jouer de votre instrument correctement (ça peut servir), si vous possédez votre propre matériel, et si vous avez la possibilité de vous déplacer facilement (Traumatisme est basé dans le Calvados, en Basse-Normandie, 14), tentez votre chance. Si vous prenez le projet à la légère, et si vous pensez ne pas être capable de vous impliquer à fond sur tous les points, passez votre chemin. Et si vous avez un égo sur-dimensionné, vous pouvez oublier tout de suite. Le mien suffit largement!
- Je sais que tu t’es rendu au Hellfest de cette année. Qu’as-tu pensé de ce festival? Quel effet cela t’as fait de voir certaines de tes idoles?
C’était la toute première fois que j’allais à un festival. Vivant comme un ermite depuis des années, j’avais un peu peur de me retrouver au milieu de cette foule gigantesque, mais sachant que je n’aurais sans doute jamais eu d’autre occasion de voir trois des groupes que je vénère en l’espace de deux jours (Twisted Sister, Alice Cooper et Kiss), je m’en serais voulu pour le restant de mes jours si je n’y étais pas allé. Et en effet, je l’aurais regretté, car en plus de ça, je me suis complètement imprégné de l’ambiance générale du festival. Là-bas, on est tous réunis pour la même chose: notre passion pour le metal. Je ne m’étais jamais autant senti « chez moi » de toute ma vie. J’avais à peine posé les pieds à l’intérieur du site du festival que j’avais déjà l’impression d’être « en famille ». Rien que pour le fait de pouvoir marcher au beau milieu d’une foule sans avoir le droit à un regard de travers ou une insulte, chose qui m’arrive un demi-million de fois par jour dans le monde « normal », ça en dit long sur l’ouverture d’esprit et la tolérance des fans de metal, contrairement à ce que certaines personnes ont voulu faire croire il y a quelques mois, dans le monde merveilleux de la politique, mais ceci est une autre histoire. Pour en revenir à ta question, je me suis même surpris à apprécier des groupes que je n’aurais pas pris la peine de découvrir en temps normal. Ma seule déception a été que Gwar annulent leur participation, car je suis un gros fan de ce groupe. Mais le meilleur moment du festival pour moi, c’est d’avoir eu la chance de rencontrer l’un de mes héros, Dee Snider, et de lui donner en main propre un exemplaire de mon nouvel album. Avoir en face de soi le même type que tu vénères depuis des années, qui a changé ta vie avec ses paroles et sa musique… C’était un moment complètement surréaliste, ça n’a duré que quelques secondes, mais que je ne l’oublierai jamais.
- Pour finir cet entretien, je te laisse avec un petit portrait chinois afin d’en apprendre un peu plus sur toi d’une manière un peu différente.
Si tu faisais partie d’un groupe, ce serait…
Ma réponse ne va sans doute pas être originale, mais je vais te répondre tout simplement: Traumatisme. Il n’y a pas un seul de mes groupes préférés dont j’aimerais faire partie si ce n’est tous à la fois, et je m’efforce de prendre ce que j’aime chez chacun d’entre eux pour le recréer à ma manière. Gene Simmons (Kiss) a dit un jour: « Forme le groupe que tu aimerais voir sur scène, et écris les chansons que tu aimerais entendre ». C’est que j’ai fait.
- Si tu étais un album, tu serais…
Là encore, je te répondrai: Horrorwood Rocks! 2 de Traumatisme, pour toutes les raisons évoquées plus haut, et plein d’autres encore.
- Si tu étais une pochette d’album, tu serais…
Il y en a tellement que j’adore… Celles de Twisted Sister, de W.A.S.P, d’Alice Cooper, de Kiss, de Rob Zombie, de Wednesday 13… Je ne pourrais pas en choisir une seule. J’aime quand les pochettes d’albums qui ont un coté ultime et fédérateur, avec une certaine dimension théâtrale, et je m’efforce de recréer les mêmes impressions avec les miennes, en les remplissant d’ailleurs à ras bord de références à d’autres pochettes que j’aime. A vous de creuser!
- Si tu étais un titre, tu serais…
Megalo Maniac, l’une des chansons de mon nouvel album. C’est la chanson la plus personnelle que j’ai jamais écrite. Je suis sans doute la seule personne capable de la comprendre à juste titre, d’autant plus que je me suis bien amusé à tout camoufler comme il se doit! Je ne suis pas sûr de ce que les paroles disent exactement, mais je suis certain de ce qu’elles signifient à mes yeux.
- Si tu étais un super héros, tu serais…
Batman Returns de Tim Burton est l’un de mes films préférés de tous les temps. Même si pour moi c’est plutôt une anti-héroïne, je choisirais sans aucun doute Selina Kyle, alias Catwoman, telle qu’elle apparaît dans ce film. J’ai beaucoup de points communs avec elle, et d’ailleurs, la chanson The Madman Strikes Again sur mon nouvel album est plus ou moins inspirée par ce personnage. Je déteste quand les personnages sont manichéens, et j’aime quand il y a un flou dans leur personnalité, qu’ils sont au-delà du bien et du mal. Ça les rend plus intéressants et je m’identifie plus facilement à eux.
- Si tu étais un artiste mort trop tôt, tu serais…
Wendy O. Williams, des Plasmatics. C’était une femme forte et sincère, qui n’a jamais fait aucun compromis, et elle est une grande source d’inspiration pour moi depuis des années.
Si tu étais une couleur, tu serais…
Même si ce n’est pas une couleur à proprement parler, je vais te répondre: le noir, pour des raisons purement symboliques. Car contrairement à ce que certains pourraient croire, et même si j’ai une âme aussi noire que du charbon en ce qui concerne la bêtise de l’être humain, je suis quelqu’un de très joyeux, toujours en train de dire des conneries, un sitcom sur pattes. Je suis une personne optimiste et je vois toujours le bon coté des choses. Si quelque chose ne va pas, je ne reste pas assis à m’apitoyer sur mon sort et à attendre que ça s’arrange. La vie n’a pas toujours été tendre avec moi, mais elle est trop courte pour se prendre la tête avec des détails qui, au final, sont bien peu de choses. C’est pourquoi je ne me laisse jamais décourager par quoi que ce soit.
- Si tu étais un animal, tu serais…
Un corbeau, solitaire et libre comme l’air.
- Si tu étais une arme, tu serais…
Bonne question. Un simple revolver peut-être… chargé et prêt à tirer! Mais ma meilleure arme reste ma musique. Et comme je dis toujours, « la musique adoucit les meurtres »!
- Si tu étais une boisson alcoolisée, tu serais…
Aucune. Je n’ai jamais touché une goutte d’alcool de toute ma vie.
Nouvel album « Horrorwood Rocks! 2″
disponible sur http://shop.traumatisme1.com
Site officiel de Traumatisme: www.traumatisme1.com